par Nicole Morel
Février est le mois de l'amour et de l'amitié. Parce que je me considère comme étant ma meilleure amie, je me permets de me faire un cadeau en vous présentant une personne qui m'est très chère, Gilles Larivière.
Gilles attire mon estime parce qu'il est un sculpteur de grand talent, qu'il sait écrire d'une façon remarquable (il était l'auteur de nos chroniques sur les oiseaux), qu'il est souriant et affable avec tous et surtout parce qu'il sait rendre heureuse mon amie très chère, Johanna.
Gilles est né à Montréal en 1946. Installé en Estrie vers 1970 et plus tard à Dudswell, il trouve ici le rythme de vie qu'il cherchait. À leur arrivée à Marbleton il y a 11 ans, lui et sa femme Johanna ont ouvert l'auberge le Dorloton qui a fermé ses portes il y a quelques années.
Enfant, encouragé par son père amateur de peinture et par son oncle artisan du bois, il pouvait ainsi manier leurs outils et visiter à son aise leur atelier. Amoureux des animaux, Gilles hésite entre devenir vétérinaire ou faire l'école des Beaux-arts. C'est cette dernière option qu'il choisit, nous sommes alors en 1968. C'est à cette période qu'il découvre la sculpture. Par sécurité financière, il enseigne les arts plastiques au CEGEP de Sherbrooke. À cette époque, Gilles privilégiait l'art abstrait. Il fait sa maîtrise à l'UQAM à Montréal vers la fin des années 70 et opte progressivement pour le figuratif.
Gilles a participé à des symposiums dans différents pays d'Europe dont l'Italie, la Tchécoslovaquie, la France, etc. et fait plusieurs stages dans les vieux pays. Plus près de nous, il a été le président d'honneur et organisateur du symposium de Dudswell « l'Artichaux ».
Gilles est l'auteur de la sculpture installée depuis l'été dernier au jardin patrimonial de Dudswell. Faite d'un matériau durable, le laiton, l'œuvre nous porte à réfléchir sur les origines de Dudswell. De par ses formes, on peut y voir plusieurs lieux de cultes et différentes allégeances. D'inspiration gothique, elle reflète toutes les confessions qui existent dans la municipalité. La silhouette qu'on y voit représente la trace des personnages qui ont contribué à l'essor de notre municipalité tels que les Abénakis, le fondateur Bishop, le curé Chapman. Une série d'images qui se superposent sont le reflet des éléments d'époque et du présent; l'oiseau pour l'air, les flammes pour le feu, l'eau pour nos lacs et rivières et la base est la terre sur laquelle notre région repose. Les symboles se veulent donc autant profanes que religieux et sont une ouverture sur notre histoire. Le sujet apporte ainsi une liberté d'interprétation de chacun d'entre nous.
Pour Gilles, chaque sculpture qu'il crée reflète une présence dans l'espace. Elle doit faire corps avec son admirateur par le toucher des matières. Son défi est de créer des façons nouvelles de voir le monde, donc amener les gens à voir plus loin.
Voici Gilles à l'œuvre:
