Lors de ma dernière chronique, plusieurs m'ont fait part de leur appréciation sur le texte portant sur l'école primaire. En voici donc la suite! Et l'histoire se poursuit à l'école Louis-St-Laurent. La quatrième année à l'école Louis-St-Laurent, la grande école où nous étions désormais à nouveau les plus petits.
Par Nathalie Lessard
Cette année-là, les filles de sixième se montraient exceptionnellement gentilles avec nous, gamines de quatrième. On jouait ensemble très souvent. Reynelde nous enseignait à nouveau, mais seulement les mathématiques et les sciences naturelles, puisqu'Irène Carbonneau (Cloutier) était notre tutrice « officielle », s'occupait du français et des autres matières. Nous partagions ces professeurs avec la classe de 5e.
Le vendredi après-midi, il arrivait que toute l'école fasse des arts plastiques en même temps, avec des équipes formées d'élèves de plusieurs niveaux. Je me suis donc retrouvée avec Louise et Simone Audet pour fabriquer une mosaïque en tissu collé. Claire Scalabrini (Viens) m'a initiée au crochet et j'ai pu confectionner ma première « poignée de poêle » ainsi que mon premier sac à chaussures. Nous avions également fait de jolis napperons.
La cour de récréation était bien différente de celle de notre première école : on pouvait aller où bon nous semblait. La patinoire était « à nous ». S'il neigeait, M. Jos Denis laissait les pelles à portée de la main pour qu'on fasse le ménage. On s'alignait, côtes à côtes, et hop, la glace était nettoyée dans un temps record pour jouer au ballon-balai. C'est Mme Mercier qui nous surveillait et si l'un d'entre nous était en veine, il lui était possible de secouer la grosse cloche pour rapatrier tout le monde vers nos rangs.
Le gymnase était situé dans l'actuelle cafétéria qui était également dotée de casiers en nombre suffisant pour toute l'école. C'était bien pratique de faire sécher nos mitaines sur les calorifères!
La cinquième année Irène demeurait notre professeure en choisissant de nous suivre vers l'étape suivante. Sortant du strict rôle d'enseignante, elle nous a également appris l'application d'un concept démocratique : la pétition. Le document en question requérait que nous ne soyons plus contraints de jouer aux « jeux organisés » à la pause du midi. Presque tout le monde avait accepté l'idée, sauf, notamment, Marc Lafrenière, un mordu de sport, que vous connaissez maintenant sous le nom de Gugusse. Cette demande fut mise en œuvre... trop rapidement, car les professeurs ne nous ont même pas laissé la satisfaction de la remettre « officiellement » avant d'y acquiescer!
Un expert nous enseignait la musique : M. Jean-Benoit Marcoux, qui nous apprenait à chanter à plusieurs voix. Mon souvenir le plus marquant demeure la prestation de Michel L'espérance qui nous a surpris et éblouis : un ange blond descendu du ciel lorsqu'il interprétait « Noël, c'est l'amour ».
L'école évoluait. Un premier professeur d'éducation physique venait d'être embauché. Auparavant, c'était l'enseignante qui devait nous maintenir en forme. Il nous a amenés en raquette dans le bois et cinq d'entre nous, dont Jocelyn Robert et moi-même, lui ont causé la frousse de sa vie en nous écartant de la route prévue. La raquette a été abolie ce jour-là! En outre, pour la première fois à ma connaissance, un homme enseignait à l'école, en tant que professeur régulier : Marc Hébert. C'est d'ailleurs lui qui a établi la tradition des photos de classe, partageant généreusement son talent de photographe.
La sixième année On avait beau avoir M. Marcoux et son concert grandiose de fin d'année (pendant le festival des Cantons), Claire restera toujours pour moi synonyme de musique. Bien sûr, les autres professeurs nous ont aussi fait chanter, mais avec Claire, on vivait la passion du chant. Ceux qui l'ont entendu chanter seront d'accord avec moi. (J'ai encore mes vieux cahiers de chant et je m'égosille parfois.)
Nous étions maintenant les grands de l'école. Les filles jouaient au baseball avec les garçons et Christiane Pouliot avait enseigné à Pierre Lapointe que c'était une mauvaise idée de rester derrière quelqu'un qui lance son bâton avec autant de vigueur avant de courir... Aille!
« Vas-tu au couvent? » demeurait LA question que toutes les filles se posaient quant à leur avenir au secondaire. Il fallait déjà songer à la séparation... ainsi qu'aux retrouvailles, puisqu'on allait revoir nos ennemis jurés : les élèves de Ste-Edwidge, ceux qui nous « volaient » notre directeur la moitié du temps! Nous leur avions donné un surnom pas très gentil lors des Olympiques « amicales » qu'on nous imposait chaque année. (Rassurez-vous, nous sommes devenus amis avec eux, après les avoir mieux connus.)
Je ne saurais conclure ces évocations sans mentionner les autres personnes qui nous ont côtoyées pendant tout ce temps. D'abord Estelle Bureau, de l'unité sanitaire, qui nous terrorisait avec ses seringues, mais dont le sourire était tellement chaleureux qu'on lui pardonnait d'emblée. Les suppléantes Hélène Hillier, Marcelle Veilleux, Rita Masson, Lise Poirier (Hébert), Colette Cayer me sont restées en mémoire. Et surtout, Mme Gisèle Mégré, notre secrétaire si efficace et si dévouée (l'été, elle ouvrait la bibliothèque pour les jeunes lecteurs) qui ne saurait être laissée dans l'ombre.
Ayons également une pensée reconnaissante pour Mario Martineau, Clairemont Domingue, René Beloin et Roger Charron, mes directeurs qui se sont succédé à un rythme que nous trouvions essoufflant. Il convient aussi de mentionner les mères (surtout) qui ont donné de leur temps au comité d'école (comme la mienne, Michelle Lessard) ou comme accompagnatrices pour les sorties.
Un dernier petit clin d'œil : Drapeau de ma province, salut. À toi mon respect, ma fidélité, mon amour. Vive ma province, vive son drapeau! Voilà ce qu'on récitait le vendredi après-midi. Et ensuite, on chantait l'Ô Canada! Ou Vive l'Estrie. Encore une fois, je vous demande de m'aider à trouver des sujets de chronique. nathalie.lessard@axion.ca ou 819-835-5617. Joyeuses fêtes à tous et au plaisir de lire vos commentaires!