La classe était chauffée à bloc. Édith Cournoyer, leur enseignante, les avait prévenus de la visite du journaliste. Les élèves, d'un peu plus de 20 ans, à près de 60, témoignaient, en cette Semaine québécoise des adultes en formation (SQAF), de leur intérêt pour leur retour sur les bancs de l'école. Spontanément, Bruno La Rochelle lance: «Plus on cultive les muscles du cerveau, moins on a mal aux autres...», exprimant par là un des avantages du retour aux études.
Travailleurs à la Menuiserie Angus qui, comme bien d'autres entreprises, vit les aléas de l'économie, ils ont convenu avec leur employeur et l'assurance-emploi de consacrer le vendredi avant-midi aux apprentissages du français et des mathématiques en utilisant occasionnellement l'ordinateur pour avancer dans l'acquisition de connaissances. Ils en étaient justement à travailler sur un texte provenant du blogue du Centre de services éducatifs populaires du Haut-Saint-François qui parlait du temps des sucres.
Jocelyn Lagueux, employé de l'entreprise depuis 42 ans, reconnaît l'intérêt de revenir s'asseoir devant la «maîtresse d'école», comme il disait dans son temps. Il avait terminé en 10e année sa scolarité, ce qui à l'époque était considéré comme une bonne éducation.
Pour Alain, apprendre comme adulte est plus facile. Il reconnaît qu'il comprend mieux que lorsqu'il était jeune. Ce qui, pour lui, était une obligation devient plus intéressant.
André pour sa part avait refusé de participer à ces sessions de formation du vendredi. Il n'y voyait pas d'intérêt. Mais poussé par un ami, il a accepté de passer l'avant-midi en classe. Depuis, il a changé d'opinion. Il aime ce qu'il fait maintenant.
Christian Gauthier, directeur du Centre de l'éducation aux adultes, expliquait que ces élèves arrivaient à 7 h pour terminer à midi, exactement comme s'ils étaient au boulot. D'octobre à avril, ils suivent une formation adaptée à leur niveau d'apprentissage. Ils ne reçoivent pas de diplôme à la fin d'une session d'études. Par contre, les cours suivis leur permettent d'obtenir des équivalences. S'ils veulent poursuivre leurs études par la suite, les cours réussis leur sont crédités. «Ils apprennent à apprendre», se réjouit M. Gauthier. Après avoir été longtemps sans contact avec l'école, pour certains, la marche est haute.
Durant la Semaine québécoise des adultes en formation, M. Gauthier annonçait qu'il y aurait beaucoup d'activités pour renforcer et promouvoir les valeurs défendues à cette occasion. Une dictée française aura jumelé deux thèmes conjoints: la semaine de la Francofête et la SQAF. Présentée par le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) et la Formation aux adultes, Anne Massicote sera passée donner une conférence traitant de la persévérance. Le mercredi, le Théâtre Granada aura vibré au son de la musique, des chorégraphies et autres manifestations culturelles des adultes en formation de l'Estrie. Simon Gaudreau de Scotstown, entre autres, aura offert une prestation avec son groupe musical. Une autre initiative emballante aura nécessité la participation de plusieurs adultes en formation. À partir d'une phrase proposée, les élèves ont composé une histoire qui sera contée. La semaine se sera clôturée par une remise des méritas.
«Voir toutes ces personnes consacrer de leur précieux temps à se ressourcer, à réapprendre est très stimulant. Il se crée une synergie à l'intérieur des groupes qui favorise les échanges entre elles, pour leur plus grand bien», souligne Édith Cournoyer.
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L'enseignante Édith Cournoyer, entourée de ses étudiants.