Il y a de ces formations dites «pratico-pratiques» qui permettent d'appliquer rapidement la théorie à la pratique et obtenir des résultats probants. Il en a été ainsi pour le fabricant de joints d'étanchéité les Industries Nigan à Cookshire-Eaton, qui a permis d'augmenter sa productivité de 8 % et de réduire considérablement les heures supplémentaires.
L'entreprise a participé avec quatre autres du Haut-Saint-François à une formation offerte par le CAMO et le Centre local d'emploi d'East Angus visant à améliorer la productivité de l'entreprise. Alain Beauchesne, ingénieur de la firme +Proaction (productivité, management, qualité) a présenté une formation de 27 heures, étalée sur neuf semaines, à raison de trois heures semaine. L'apprentissage visait à parfaire les connaissances de divers concepts reliés à l'amélioration de la productivité en entreprise. De façon à rendre la chose encore plus réelle, les participants devaient intégrer les connaissances dans le cadre d'un projet concret d'amélioration de la productivité au sein de leur entreprise. À cela, s'ajoutaient 10 heures d'accompagnement par le formateur afin d'apporter le support nécessaire pour l'application du projet d'amélioration.
Les participants ont développé différents concepts auxquels s'ajoutait une vingtaine d'outils d'amélioration continue dont plusieurs sur la façon d'enlever le gaspillage, d'expliquer M. Beauchesne. La notion de gaspillage, explique-t-il, peut prendre différentes formes que ce soit en rebuts de matériel, en personnes, en temps, en équipement et autres. Une des façons de faire, ajoute-t-il, est de standardiser des méthodes de travail de façon à libérer la personne spécialisée et l'affecter à bon escient. «Utiliser le spécialiste à la bonne place constitue une valeur ajoutée», précise l'ingénieur.
Chez les Industries Nigan, on a identifié un phénomène de goulot sur la chaîne de production. On a réalisé un vidéo de formation sur le poste de travail. On a analysé les déplacements de la personne, pour les réduire et par conséquent, augmenter le temps d'opération de la machine. Dans le cas présent, c'est une autre personne qui fait le remplissage et la personne consacre tout son temps au fonctionnement de la machine. Philippe Maurice, directeur de production, mentionne «ce n'est pas d'aller plus vite, mais de faire les bons gestes». Le but, explique M. Beauchesne, est de faciliter les opérations et trouver la façon de faire pour que l'employé et l'entreprise y trouvent leur compte».
Satisfait
M. Maurice se dit hautement satisfait de la formation assimilée. «Personnellement, j'ai acquis beaucoup de connaissances que j'entends utiliser pour gérer à l'avenir. Ça fait un changement dans la façon de regarder la production. J'ai une approche différente. On voit d'un oeil critique les procédés et on arrête pour se poser des questions, pourquoi on fait ça. On a eu des exercices pratiques pour se remettre en question et se référer au paquet d'outils. Il faut intégrer ce que j'ai appris aux membres de l'équipe. J'ai d'ailleurs rencontré les équipes, j'ai expliqué le nouveau fonctionnement et les gens ont trouvé ça bénéfique». M. Beauchesne ajoute que la formation dispensée peut s'adapter à tous les types de production.
Nous apercevons sur la photo Joanne Perreault, Alain Beauchesne, ingénieur, et Philippe Maurice, directeur de la production chez les Industries Nigan.