Les responsables du Centre de santé de Cookshire, du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) et la Fondation du CSSS du Haut-Saint-François, en concert avec le CLSC d'East Angus, ont officialisé la réalisation de la Clinique des jeunes pour les 12 à 24 ans, afin de favoriser la qualité de leur santé. Quelque 15 000 $ ont servi à aménager une salle d'examen tout équipée et un local de consultation à l'intérieur du CLSC d'East Angus.
«Nous procédons au lancement de la deuxième partie du «plan clinique» en continuité des services adressés aux jeunes», lance Claude Charbonneau, du CSSS. C'est la bonne nouvelle qu'il annonçait dernièrement, entouré qu'il était de représentants de divers organismes voués à la santé intégrale des adolescentes et adolescents du Haut-Saint-François. D'entrée de jeu, il saluait la belle collaboration de tous les intervenants présents qui auront un grand rôle à jouer pour rappeler aux plus jeunes l'importance d'une bonne condition physique et mentale.
Luce Cardinal, chef de l'administration des programmes Enfance-Famille-Jeunesse et Population adulte, soutenait qu'il y avait peu de services médicaux destinés spécifiquement à ce groupe d'âge dans la MRC du Haut-Saint-François. «Pourtant, laissait-elle entendre, les jeunes sont nombreux à ne pas connaître leur corps correctement». Contraception, infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS, aussi appelé MTS), acné, dépression et bien d'autres sujets les touchent directement. En général, ils craignent de consulter. «Il fallait se rendre disponibles», explique Mme Cardinal.
Depuis l'an dernier, les Dres Stéphanie Blais-Boilard et Sophie Martel, du Centre de santé de Cookshire, et l'infirmière scolaire, Caroline Audet, du CLSC d'East Angus, avaient amorcé une collaboration pour se pencher sur cette problématique en vue d'en arriver à l'éclosion de ce projet qu'est la Clinique des jeunes. Soulignons que Mme Audet est «prêtée» à ce titre par le CLSC, à la Cité-école Louis-Saint-Laurent.
La Dre Stéphanie Blais-Boilard abondait dans le sens de Mme Cardinal. «Il faut se rendre disponibles pour joindre ce groupe. Déjà l'an passé, nous avions entrepris des démarches pour une meilleure collaboration avec le CLSC d'East Angus». Mme Boilard rappelle que les MTS augmentent. L'absence de cours, lors desquels la question de la sexualité est traitée, serait un facteur de l'augmentation des ITSS, font remarquer les professionnelles de la santé.
L'infirmière scolaire, Mme Audet, fournissait quelques données inquiétantes au sujet des infections ITSS. En 2010, 15 000 cas de chlamydiose ont été recensés chez les 15-24 ans. La gonorrhée et la syphilis progressent de même que le VIH. «Nous devons être près des jeunes pour leur parler de santé sexuelle, de contraception, d'habitudes de vie plus saines, de drogues. Il faut les sensibiliser au dépistage des ITSS». Comme la chlamydiose laisse peu ou pas d'indices, il faudrait que les jeunes appliquent systématiquement les règles de base de protection contre ces infections, entre autres, l'utilisation du condom, spécifie Mme Audet. L'infirmière ajoute que les filles et jeunes femmes consultent assez facilement, par contre, les garçons se font tirer l'oreille. «On les voit, pour le dépistage, quand ils accompagnent leur amie lors d'une deuxième consultation».
Serge Boislard, vice-président de la Fondation du CSSS du Haut-Saint-François, se réjouit des équipements que le Fonds a permis d'acheter. «Les médecins du Centre de santé de Cookshire et l'infirmière scolaire du CLSC pourront mieux travailler auprès des 12-24 ans, dans un environnement discret et adéquat».
Depuis quelques mois déjà, tous les mercredis, et en toute confidentialité, les jeunes 12-24 ont accès aux services professionnels d'un médecin et d'une infirmière pour répondre à toutes leurs questions. Un jeune préoccupé porte moins attention à ses études ou son travail, conclut M. Charbonneau.
Dans l'ordre habituel, Caroline Audet, infirmière scolaire, Luce Cardinal, chef de l'administration des programmes Enfance-Famille-Jeunesse et Population adulte, Serge Boislard, vice-président de la Fondation du CSSS du Haut-Saint-François, Stéphanie Blais-Boislard et Sophie Martel, médecins à la Clinique de santé de Cookshire. Absent sur la photo, Claude Charbonneau, coordonnateur des mesures d'urgence et chef de service.