Impossible de nier que notre hôtel de ville nécessite des rénovations très importantes, tant au niveau de la structure que des nombreux aménagements pour le rendre plus sécuritaire, fonctionnel et accessible à une bonne partie de notre population. Le bâtiment qui loge notre bibliothèque et notre salle communautaire a lui aussi besoin de sérieux travaux pour être conforme aux normes exigées pour un édifice public. Des constats incontournables qui ont forcé le conseil municipal de Compton à poursuivre une sérieuse réflexion au cours des deux dernières années et à recourir aux services-conseils de David Leslie, ardent défenseur de l'architecture qui fait du bien...
Architecte spécialisé en conception de projets à caractère écologique, David Leslie a entre autres signé les plans du nouveau monastère des sœurs clarisses à Lennoxville, celle de la Caisse Desjardins des Hauts-Boisés de Cookshire et, plus près de nous, de la résidence secondaire que Russell Pocok et Thérèse Shaen, agriculteurs biologiques de Compton, se sont fait construire tout près de la station de ski Owl's Head.
Ontarien d'origine, l'architecte établissait sa pratique au Québec en 1979. Au fil de ses trente années de carrière, David Leslie est venu à la conclusion qu'il ne suffisait pas qu'un édifice soit sain et bien bâti sur le plan physique; il devait en plus être chargé d'une force positive, épanouissante pour ceux qui y logent ou y travaillent. La lumière, les textures, les matériaux et les formes sont pour lui différents moyens de créer une atmosphère chaleureuse, psychologiquement positive, inspirante et en harmonie avec son environnement naturel et social.
Patrimonial ou tout simplement vieux?
C'est pour ces raisons ainsi que pour sa grande réputation d'architecte respectueux du patrimoine qu'en 2009, la Municipalité de Compton confiait à David Leslie le mandat d'analyser la situation de nos bâtiments municipaux. Soucieux de l'âge et de l'histoire de l'édifice de l'hôtel de ville, nos édiles voulaient s'informer de son statut patrimonial et des façons de le sauvegarder tout en aménageant des locaux adéquats.
Cependant, après une étude approfondie du bâtiment et de ses multiples réaménagements au cours de l'histoire, David Leslie fût forcé de conclure que non seulement cet édifice n'avait conservé aucune valeur patrimoniale, mais que toute tentative de restauration et de rénovation s'avèrerait très couteuse (1,4 millions de dollars minimum!) vu la forte décrépitude des lieux. Et le tout pour qu'au bout du compte, le bâtiment reste impropre à satisfaire les besoins de la Municipalité.
L'investigation du centre communautaire menait aux mêmes conclusions. Trop petit et mal divisé avec un local de bibliothèque qui ne répond pas aux exigences du réseau, l'édifice présente une foule d'autres problèmes importants : absence de drain agricole, fissures sérieuses dans la fondation, fenêtres à changer, isolation des murs et du toit à refaire, résistance au feu inadéquate, accès limité, manque de toilettes, de détecteurs de fumée et d'indicateurs de sortie, etc. Somme toute, des dépenses en rénovations qui frisent le million de dollars à prévoir dans un avenir très rapproché.
En compilant toutes ces données, les conseillers municipaux ne pouvaient faire autrement que de songer à la construction d'un nouvel édifice répondant aux besoins de la communauté.
Respect du passé, regard sur l'avenir
L'architecte David Leslie propose donc au conseil de regrouper plusieurs services (hôtel de ville, bibliothèque, salle communautaire et bureau de poste) dans un nouvel édifice multifonctionnel respectant la trame architecturale des autres constructions de Compton sur un site central et historiquement utilisé au profit des citoyens, c'est-à-dire l'emplacement de l'actuel l'hôtel de ville.
David Leslie mise sur l'importance d'édifier l'avenir sur les valeurs du passé. Afin de concevoir un nouvel hôtel de ville qui saura faire honneur à la richesse et au style de notre patrimoine bâti, il s'inspire de photographies de nos constructions patrimoniales pour dégager une signature architecturale caractéristique de notre milieu. Un exercice qui lui a permis de concevoir un magnifique bâtiment à la fois impressionnant et familier, que nous pourrions voir s'ériger au coin des chemins de Hatley et Louis-S.-St-Laurent d'ici la fin 2011, si les subventions sont au rendez-vous.
Curieux d'en savoir davantage? Ne manquez pas de lire L'écho au cours des prochains mois...