Les coupures sombres, dans l'agriculture, présentées dans le rapport St-Pierre risquent d'affecter sérieusement cette industrie. Les UPA de la MRC du Haut-Saint-François se rallient aux autres de la province pour mettre en garde le gouvernement des conséquences de leurs décisions pour l'agriculture, l'élevage, la transformation des aliments en général et pour la survie des municipalités rurales éloignées comme le sont celles du Haut-Saint-François.
«Certaines informations laissent croire que de réelles menaces pèsent sur notre agriculture et, partant, sur l'économie des régions du Québec», indique la lettre de l'UPA adressée aux députés de l'Assemblée nationale de novembre dernier. «Ce sont les régions éloignées qui en souffriraient davantage», y est-il ajouté. Si ces «coupures draconiennes» étaient suivies, les agriculteurs et éleveurs subiraient des «réductions allant jusqu'à 40 % des compensations de l'ASRA, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur les revenus des entreprises agricoles, voire leur survie», y est-il ajouté.
Les présidents de l'UPA de Weedon, Sawyerville et de La Patrie, Réal Marcoux, Lynne Martel-Bégin et Claude Morin s'interrogeaient sur l'avenir de l'agriculture et de l'élevage, particulièrement ici, dans la MRC du Haut-Saint-François, où les travailleurs de la terre peinent à survivre.
Et pourtant! Selon les données de l'UPA, pour des subventions fédérales et provinciales totalisant 960 M$, l'agriculture retourne, en taxes, dans les goussets fédéral et provincial 3,6 G$ et elle fournit aux municipalités des revenus de quelque 319 M$. De plus, les activités agricoles et de la transformation embauchent près de 175 000 personnes dans la province. Malgré tout, le Québec est loin de l'autonomie alimentaire puisqu'il produit un peu plus du tiers de ce que consomment les Québécois. Tout le reste doit être importé.
Selon Mme Martel, et ses confrères qui abondent dans le même sens, cinq fléaux plombent les ailes des producteurs et des éleveurs dont: des lois contraignantes sur l'environnement, la spéculation, les transferts de fermes. D'autres aménagements et réorganisations au sein de la Financière agricole du Québec et de l'Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) interpellent les agriculteurs et éleveurs. Et les prix de vente de la production agricole et de l'élevage ne suivent pas l'inflation. Sur ce sujet, M. Marcoux démontrait qu'il vendait son bœuf 0,87 $/lb en 1978 alors qu'en 2008-2009, il en touchait 0,90 $.
Les productions de bœuf, d'agneaux, de céréales, et autres du Haut-Saint-François se comparent à celles des autres secteurs provinciaux. Leur santé est gage du bien-être des municipalités éloignées. Pour démontrer le sérieux de la situation, M. Morin et Mme Martel rappelaient que la plupart des grands acheteurs dans nos coopératives agricoles locales étaient les agriculteurs et les éleveurs. Quand l'agriculture va, tout va...
Quand le jeu des contraintes énumérées plus haut intervient, beaucoup de cultivateurs abandonnent l'art de produire à même la terre nourricière. Pour l'illustrer, Mme Martel donnait l'exemple du village de St-Isidore, qui en plus de vivre des difficultés reliées à l'industrie du bois, ne compte plus que 2 producteurs agricoles importants qui font près de moitié du chiffre d'affaires local. En perdre un seul serait catastrophique. Ce serait des dizaines de milliers de dollars qui n'entreraient plus dans les coffres des commerçants et de la municipalité.
«Ce n'est pas une dépense que fait le gouvernement quand il investit dans l'agriculture, affirme Claude Morin, c'est un investissement qui lui rapporte gros. Il devrait en être conscient et réviser ses positions».
Photo :
De gauche à droite, Réal Marcoux, UPA Weedon, Claude Morin, UPA La Patrie, et Lynne Martel-Bégin, UPA Sawyerville.