par Jean-Claude VÉZINA
Combien de coups de pédales faut-il donner pour parcourir 11150 km? À cette question, M. Léon Côté, de St-Mathias de Bonneterre, âgé de 58 ans, a répondu simplement: «Pas question de compter. Tu enfourches ta bicyclette et tu pédales sans t'en soucier. Puis tu fais de même quand tu arrives au pied d'une bonne côte pour t'apercevoir que bientôt tu es arrivé au sommet; et au bout de ton itinéraire, 4 mois plus tard...»
M. Côté a choisi de pédaler en ayant le vent dans le dos. Au début de juin, il s'est rendu à Vancouver, en avion, avec son vélo et ses bagages. Il y joignait sa partenaire, une Française, avec qui il allait accomplir la moitié du voyage. «Nous nous étions entendus pour faire équipe parce que ce genre de voyage en solitaire peut être dangereux. Les animaux sauvages, les chutes de vélo, les collisions, etc. pourraient être tragiques si personne n'était là pour appeler du secours», admet-il.
Longeant le Pacifique, ils se sont rendus à la frontière du Yukon pour redescendre à Calgary en suivant les Rocheuses. La pluie et le froid ont été leurs plus grands ennemis durant cette partie du trajet. Des Prairies, jusqu'en Ontario où leur itinéraire s'est divisé, le périple s'est avéré plus facile.
«Après son départ, je me suis demandé si j'avais mal quelque part; comme la réponse était non, j'ai continué seul jusqu'à Terre-Neuve», explique-t-il en riant. Les dangers étaient moins grands parce que les villes et les villages étaient plus rapprochés.
Tout le voyage s'est fait en faisant du camping sauvage! M. Côté énuméra ses possessions. «Nos bicyclettes portaient un bagage de 50 livres: un GPS («ne partez pas sans lui», souligna-t-il), le matériel de camping, des vêtements adaptés, l'outillage essentiel, des chambres à air et... une bombonne de poivre de Cayenne pour repousser les animaux sauvages».
Exceptionnellement, nous avons logé au chaud. «Nous avons éprouvé des difficultés à camper dans le nord de la Colombie canadienne à cause des mauvaises indications ou des trop grandes distances entre les campings. Nous avons dû quelques fois coucher à la belle étoile, sans protection contre les ours principalement», ajoute-t-il. «Nous dormions avec notre bombonne de poivre à portée de main».
Pour ce qui est de la condition physique, M. Côté considère qu'une personne active peut s'engager dans de tels exploits. Les distances parcourues sont moins grandes au début, mais, rapidement, un 100 km quotidien devient la norme. Du beurre d'arachide, des bananes et des mélanges de noix et fruits séchés lui ont servi de carburant principal. Pour le restant, c'était des repas normaux. M. Côté n'en était pas à ses premières armes. Il avait accumulé de l'expérience en visitant l'Europe deux ans de suite en vélo.
Tout au long de ses voyages, il a bien vécu quelques incidents, mais rien d'irréparable. Crevaisons, conditions météorologiques défavorables, quelques chauffards. En général, M. Côté a été surpris de la gentillesse des gens. Les paysages, l'architecture des vieilles cités d'Europe l'a ravi. Sa tête est remplie de projets d'excursion. Il attendait justement un appel pour partir pédaler à Cuba sous peu...
Photo :
M. Léon Côté avec des souvenirs de ses voyages en Europe: carnets de bord et cartes routières.