par Eliane THIBAULT
Alors que les dirigeants de la Caisse Desjardins de Weedon annonçaient, à la fin de novembre, la fermeture de leur succursale de St-Gérard, la protestation des résidants du secteur pourrait faire renverser la vapeur. Une histoire de solidarité susceptible de tout faire changer.
Lors d'une réunion, en début décembre, où une centaine de membres de cette caisse ont été convoqués, le dialogue s'est alors enclenché avec la directrice générale, Brigitte Dallaire. Si rien n'a été promis ce soir-là, la porte s'est cependant ouverte pour que le constat soit renversé. «La décision finale sera prise lors de notre réunion du conseil d'administration, le 17 décembre prochain», déclarait Mme Dallaire au lendemain de la rencontre.
Même si ladite réunion du conseil a bel et bien eu lieu, ce n'est qu'au début du mois de janvier que le résultat des discussions sera connu à la population. Entre-temps, Mme Dallaire affirme que les activités de la succursale bénéficient d'un sursis, au-delà du 31 décembre annoncé précédemment aux membres.
La solidarité dans les deux sens
Pour le résidant du secteur, Luc Brière, ceci démontre la solidarité qui peut exister dans la communauté et qui pourrait même sauver d'autres caisses au Québec.
En effet, si les résidants ont manifesté leur mécontentement lors de la rencontre avec Mme Dallaire, cette dernière a cependant mis cartes sur table avec eux. «Utilisez-nous. Utilisez nos services», leur a-t-elle lancé.
Le problème de la succursale de St-Gérard provient du fait que les gens l'utilisent principalement comme comptoir de dépôt et de retrait, chose qui n'est aucunement rentable pour l'institution. Selon Mme Dallaire, où la caisse fait son argent, c'est surtout avec les hypothèques et les placements.
«Dès qu'une banque de Sherbrooke offre ¼ % de moins que nous sur les hypothèques, certains n'hésitent pas à tout retirer et à aller chez eux. C'est normal après cela que la succursale ait de la difficulté à survivre», explique-t-elle.
Si certains résidants réclament quant à eux leur droit à des taux d'intérêt aussi avantageux que les compétiteurs, Brigitte Dallaire leur répond qu'ils peuvent y aller. «Par contre, ils doivent assumer que leur caisse locale fermera ses portes. Quand on parle d'achat local, ce n'est pas juste pour les produits de consommation, c'est aussi pour les produits financiers».
Une réalité qui reste
Alors que la succursale de St-Gérard devait fermer ses portes à cause d'un manque de rentabilité et d'investissements à venir dépassant les 100 000 $, Mme Dallaire sait qu'un lourd travail de remaniement de budget sera à prévoir. Les rénovations sur l'édifice sont toujours à exécuter et la modernisation des équipements est encore à faire. «Je ne sais vraiment pas ce que je vais faire de ce côté», laisse-t-elle entendre.
À cela, elle ajoute que si les membres de la succursale de St-Gérard tiennent vraiment à leur établissement, la balle est maintenant dans leur camp. «Ils devront nous faire confiance pour les autres services. Pas juste pour les transactions».