par Eliane THIBAULT
La grogne règne à Scotstown depuis la rencontre du conseil municipal, le 1er décembre dernier. Alors que la mairesse Barbara Szots y a annoncé son désir de démissionner, un groupe de citoyens exige qu'elle s'exécute.
Ils sont une dizaine à s'être regroupés pour expliquer d'où provient leur malaise. Tous affirment que c'est la structure imposée par Mme Szots, durant la période de questions, qui pose problème. «Ça ne fonctionnait pas comme elle le voulait. Elle s'est levée, crié qu'elle démissionnait et a dit qu'elle redevenait une simple citoyenne», raconte Myriam Sainson.
«Nous sommes traités comme des enfants d'école», affirme la citoyenne, Lise Lacroix. Selon le groupe, le nouveau conseil limiterait les citoyens à une question par personne. «On ne peut même plus s'adresser aux conseillers», lance Caroline Talbot.
«J'ai posé une question, elle m'a vaguement répondu et quand j'ai voulu demander des précisions, elle m'a dit que mon tour était passé», raconte pour sa part Andrée Doyon. «Elle ne prend pas le temps de vider un sujet. Cela fait que les autres citoyens qui pourraient avoir des questions supplémentaires ne peuvent les demander».
Pour Élizabeth Gauthier, elle estime que ce procédé oblige les citoyens à choisir leur question, ce qui n'est pas toujours positif. «Moi, je voulais des précisions pour deux sujets. J'ai posé ma première question, mais le temps que mon tour revienne, j'avais oublié ma deuxième».
Dans une récente entrevue accordée par Mme Szots au Journal du Haut-Saint-François, cette dernière mentionnait que ces règles avaient pour but de donner un droit de parole à tous. Cependant, selon ces citoyens, ils décrivent davantage ce processus comme étant «antidémocratique».
Une communication difficile
Selon eux, le dialogue entre la mairesse et les citoyens se ferait difficilement. Alors que deux résidants affirment avoir reçu une lettre d'avocat, signée par Mme Szots, d'autres mentionnent qu'elle ne répond plus directement aux demandes de certains citoyens, mais préfère le faire via le courrier. «Ça alourdit le processus et ça nous coûte de l'argent», estime Caroline Talbot.
Le groupe a clairement exprimé son désir de voir Mme Szots quitter ses fonctions et compte mettre en circulation une pétition qui sera envoyée au ministère des Affaires municipales. Andrée Doyon craint désormais pour l'harmonie à Scotstown. «Avec la façon dont elle agit en ce moment, elle est en train de diviser la municipalité».