La Ferme aux Champêtreries est en voie de se tailler une réputation et crédibilité à l'échelle du Canada pour son travail visant la prévention de l'errance et de l'itinérance chez les jeunes. Les représentants de Eva's Initiatives, la Fondation Sprott, Virgin Unite ont récemment débarqué à Newport pour remettre un des quatre prix d'une valeur de 25 000 $ soulignant le leadership d'organismes canadiens dans leur intervention auprès de jeunes sans abri ou à risque.
La Ferme aux Champêtreries est la seule à remporter pareil honneur au Québec. Les trois autres sont de Calgary en Alberta, London en Ontario et St-John's à Terre-Neuve. Le comité de jury formé de sept personnes a analysé 67 candidatures. Mentionnons que la ferme locale est un volet de Les Distributions L'Escalier, une entreprise d'insertion à l'emploi et venant en aide aux jeunes à risque d'itinérance. L'objectif, mentionne le directeur général, Jacques Baillargeon, est de donner les outils nécessaires pour assurer l'évolution personnelle et sociale des jeunes adultes en difficulté.
Le volet Les Champêtreries remplit pleinement cette mission depuis sa création en 2003. Au cours des 7 dernières années, pas moins de 108 jeunes ont fait des stages de six moins à la ferme. Ils apprennent entre autres, la culture maraîchère, la transformation alimentaire et même la réparation de moteurs. L'implication des participants de la région, âgés de 18 à 30 ans, est variée et passe entre autres du travail au jardin, à la cuisine ainsi que les travaux d'aménagements du terrain et de la maison. Linda Thibault, directrice à la ferme, mentionne que les participants fabriquent une trentaine de produits différents comprenant des confitures, vinaigrettes et autres. « Chaque jeune a aussi sa parcelle de jardin à lui qu'il cultive pour ses besoins que ce soit pommes de terre, carottes, choux, tomates et autres », explique-t-elle avec une fierté évidente.
L'objectif d'une telle démarche est de faire en sorte que les jeunes acquièrent des compétences professionnelles et sociales dans le but d'intégrer le marché du travail plus aisément et de s'y maintenir. Les résultats semblent appuyer cette prétention. M. Baillargon parle d'un taux de réussite de 78 %. « Cela ne veut pas dire que 78 % des jeunes se trouvent un emploi, mais ça peut aussi être de leur donner envie de prendre une formation ou retourner aux études ».
Chèque
Le montant de 25 000 $ sera investi dans la formation des prochaines cohortes de jeunes à la ferme, assure M. Baillargeon. Comme pour chaque organisme du genre, l'argent constitue le nerf de la guerre. Ce dernier mentionne qu'en dix années d'existence, la ferme a produit des revenus de quelque 900 000 $ et prévoit une production de 150 000 $ pour 2013. Ces sommes en apparence intéressantes suffisent à peine à défrayer les coûts fixes de la ferme et ne couvrent pas les salaires des deux employés. C'est une constante course au financement, de laisser entendre le directeur général. Mentionnons que la ferme compte également sur l'appui de la municipalité et d'autres intervenants du milieu. D'ailleurs, une trentaine de personnes participaient à la récente conférence de presse tenue sur le site de la ferme.