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Les antidépresseurs, à quoi servent-ils vraiment ? Juin 2008
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Les antidépresseurs suscitent beaucoup d’inquiétude notamment en ce qui a trait à leurs effets secondaires et aux risques de dépendance. Et, contrairement aux croyances populaires, ils ne rendent pas plus heureux. Faisons le point sur ce sujet épineux.
Commercialisés depuis 1957, les antidépresseurs sont principalement utilisés pour le traitement de la dépression. Ces médicaments agissent sur des substances chimiques se trouvant à l’intérieur du cerveau qu’on appelle les neurotransmetteurs. Ces derniers permettent aux cellules nerveuses du cerveau de communiquer entre elles. Trois types de neurotransmetteurs ont un effet sur l’humeur et jouent un rôle dans la dépression : la sérotonine, la norépinéphrine et la dopamine. Les antidépresseurs offerts sur le marché agissent généralement sur un ou deux de ces neurotransmetteurs.
Un vaste choix
Il existe une vaste gamme d’antidépresseurs vendus sur ordonnance. Ils sont regroupés par classes de médicaments, et leur mode d’action sur les neurotransmetteurs diffère de l’un à l’autre.
Les tricycliques
Auparavant les antidépresseurs les plus prescrits en raison de leur efficacité, ils entraînent cependant beaucoup d’effets secondaires. Aujourd’hui, on les utilise surtout lorsque les nouvelles générations d’antidépresseurs ne donnent pas les résultats escomptés. Selon leur type, ils augmentent les niveaux de sérotonine, de dopamine, de norépinéphrine ou d’acétylcholine. Dans cette catégorie, on trouve, entre autres, l’Anafranil (clomipramine), le Tofranil (imipramine), l’Aventyl (nortriptyline), l’Elavil (amitriptyline) et le Surmontil (trimipramine).
Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO)
Cette classe d’antidépresseurs et une des plus anciennes. Ces médicaments augmentent la concentration de certains neurotransmetteurs en inhibant les enzymes (les monoamines oxydases) chargées de leur dégradation. Ils sont très efficaces, mais provoquent beaucoup d’effets secondaires. Ils nécessitent également des restrictions alimentaires très rigoureuses puisqu’ils ne peuvent pas être consommés en même temps que des aliments riches en tyramine tels que le fromage et le vin, au risque de causer des interactions dangereuses. Ils sont principalement prescrits aux personnes pour lesquelles les antidépresseurs plus récents n’ont pas fonctionné. Cette catégorie comprend notamment le Nardil (phénelzine), le Parnate (tranylcypromine) et le Marplan (isocarboxazide).
Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)
Introduits à la fin des années 80, ces antidépresseurs augmentent la quantité de sérotonine disponible entre les cellules nerveuses. Ils figurent parmi les médicaments antidépresseurs les plus souvent prescrits. Ils sont aussi efficaces que les tricycliques ou les IMAO, mais ils produisent moins d’effets secondaires. Le Prozac (fluoxétine) a été le premier antidépresseur de cette classe. Celle-ci comprend maintenant d’autres médicaments, dont le Paxil (paroxétine), le Luvox (fluvoxamine), le Celexa (citalopram) et le Zoloft (sertraline).
Les antidépresseurs atypiques
Ce sont les plus récents antidépresseurs. On les appelle « atypiques » parce qu’ils sont uniques dans leurs mécanismes d’action. Bien qu’ils n’aient pas de mode d’action commun, ils augmentent tous le niveau de certains neurotransmetteurs dans le cerveau. L’Effexor (venlafaxine) est un inhibiteur sélectif de la sérotonoine et de la norépinéphrine (IRSN). Quant au Remeron (mirtazapine), il s’agit d’un antidépresseur noradrénergique et sérotoninergique (NASSA). Le Wellbutrin (bupropion) est un inhibiteur sélectif de la recapture de la dopamine, tandis que le Manerix (moclobémide) est un inhibiteur réversible de la monoamine oxydase A (RIMA).
Des effets secondaires parfois incommodants
Comme tous les médicaments, les antidépresseurs entraînent des effets secondaires. Ces derniers varient beaucoup d’une classe à l’autre, voire d’un médicament à l’autre. Voici les effets secondaires les plus courants : étourdissements, assèchement de la bouche, vision brouillée, nausées, maux de tête, rétention urinaire, constipation, tremblements, prise de poids, insomnie, maux d’estomac, fébrilité, baisse du désir sexuel et cauchemars. Ces symptômes peuvent s’atténuer ou disparaître avec le temps. Mais le problème, c’est qu’ils se manifestent bien avant les bienfaits. Dans la majorité des cas, au moins six à huit semaines sont nécessaires avant qu’une diminution des symptômes de dépression ne soit observable. Or, c’est durant cette période que les effets secondaires sont les plus importants. Pour limiter les dégâts, on prescrit d’abord une faible dose puis, s’il n’y a pas d’effets secondaires trop incommodants, on l’augmente graduellement jusqu’à ce que l’on obtienne le résultat voulu. Il arrive souvent que l’on essaie plus d’un antidépresseur avant de trouver celui qui fonctionne le mieux ou encore qu’une combinaison d’antidépresseurs soit utilisée.
Les antidépresseurs à libération prolongée
Certains antidépresseurs à libération prolongée (identifiés par les lettres CR ou XR) sont maintenant offerts sur le marché, comme le Paxil CR et l’Effexor XR. L’avantage, c’est qu’ils sont mieux tolérés que les médicaments classiques. Au lieu d’être libérée d’un seul coup dans l’organisme, la dose est étalée sur quelques heures. Comme la quantité de médicament dans le sang est moins importante, les gens ressentent moins d’effets secondaires. Ainsi, en prescrivant un antidépresseur à libération prolongée, on minime les effets secondaires et les risques d’abandon de la médication, surtout durant les premières semaines de traitement.
Pas une panacée
Contrairement à ce que certaines personnes croient, les antidépresseurs ne rendent pas plus heureux. Ils ne guérissent pas non plus la dépression. Ils servent uniquement à atténuer les symptômes le temps que la crise passe. Pour être efficace, un antidépresseur doit être pris à la même heure tous les jours. Ces médicaments sont habituellement prescrits pour une période d’au moins 6 à 12 mois afin d’éviter que la personne ne fasse une rechute.
Enfin, il est important de signaler que les antidépresseurs ne créent pas d’accoutumance ou de dépendance. Les médicaments qui entraînent une dépendance nécessitent au fil du temps une augmentation de la posologie pour produire le même effet, ce qui n’est pas le cas des antidépresseurs. Cela dit, comme ceux-ci assurent un nouvel équilibre physiologique et psychologique, l’arrêt brutal du traitement peut entraîner des symptômes de sevrage très désagréables comme des étourdissements, des nausées, une grande nervosité et une transpiration excessive. Pour prévenir l’apparition de tels symptômes, on recommande de diminuer progressivement la dose prescrite.
Source : Lucie Turgeon, Moi & Cie
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Mardi, 2 décembre 2008
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