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Une usine à hormones
La thyroïde est une glande mesurant six centimètres de haut et six centimètres de large et dont le poids n’excède pas 30 grammes. Cette glande de la forme d'un papillon est logée à la base du cou devant les anneaux cartilagineux de la trachée. Un hyperfonctionnement de la glande thyroïde accélère tout le métabolisme, parfois de 60 % à 100 %.

Comme toutes les glandes, la thyroïde fabrique des hormones. Deux types d’hormones exactement : la T4 (tétraiodothyronine ou thyroxine) et la T3 (triiodothyronine), dont l’action est essentielle à toutes les cellules de l’organisme. Ces hormones règlent le rythme auquel sont utilisés les lipides, les protéines et les hydrates de carbone par l'organisme. La T4 est produite en grande quantité, elle sera transformée à l’intérieur des cellules en rT3 (dont l’essentiel repart dans la circulation sanguine), et en T3 qui est l'hormone active. Pour que les hormones thyroïdiennes, soient sécrétées en fonction des besoins de l’organisme, l'hypophyse, une petite glande rattachée au cerveau et située à la base du crane, fabrique une hormone régulatrice, qui agit directement sur la thyroïde : la TSH (thyréostimuline). La TSH a pour rôle de stimuler la thyroïde lorsque le taux des hormones thyroïdiennes dans le sang vient à baisser. Lorsque le taux de T3 et T4 est trop élevé, la TSH est alors mise au repos.
Les maladies thyroïdiennes sont une réalité universelle
Quelque 200 millions de personnes dans le monde ont une maladie de la thyroïde sous une forme ou sous une autre. Pourtant, avant que la Fondation canadienne de la thyroïde ne soit créée en 1980, il n'existait en Amérique du Nord aucun organisme de vulgarisation pour éduquer le public à ce sujet et l'inciter à soutenir la recherche en ce domaine.
On parle d’hyperthyroïdie, lorsque la thyroïde produit trop d’hormones, à l’inverse les hypothyroïdies sont conséquentes à une production hormonale insuffisante. Voici les caractéristiques des deux affections thyroïdiennes vues en parallèle :
HYPERTHYROIDIE
Description médicale
Les hormones thyroïdiennes sous contrôle
Comme nous disions plus précédemment, les deux principales hormones sécrétées par la thyroïde sont la T4 (tétra-iodothyronine ou thyroxine) et la T3 ( triiodothyronine). Toutes deux comprennent le terme « iodo », l'iode étant indispensable à leur production. La quantité d’hormones produites dépend d'autres glandes. C’est l'hypothalamus qui commande à l'hypophyse de produire l'hormone TSH (pour thyroid stimulating hormone). À son tour, l’hormone TSH stimule la thyroïde à produire des hormones. On peut détecter une hypo ou une hyperactivité de la glande thyroïde en mesurant le taux de TSH dans le sang. En hypothyroïdie, le taux de TSH est élevé car l’hypophyse réagit au manque d’hormones thyroïdiennes (T4 et T3) en sécrétant davantage de TSH. Par ce moyen, l’hypophyse tente de stimuler la thyroïde à produire plus d’hormones. En situation d’hyperthyroïdie (lorsqu'il y a trop d’hormones thyroïdiennes), l’inverse se produit : le taux de TSH est bas parce que l’hypophyse tente de « calmer » la glande thyroïde.

Système de régulation de la synthèse des hormones thyroïdiennes
Les causes principales
- La maladie de Basedow ou maladie de Graves (70 % à 85 % des cas). Il s'agit d'une maladie auto-immune au cours de laquelle des anticorps stimulent excessivement la thyroïde et s'attaquent parfois aux tissus situés derrière les yeux ainsi qu'à la peau des pieds et des mollets.
- Les nodules thyroïdiens. Les nodules sont des petites masses qui se forment sur la glande thyroïde, en solitaire ou en groupe. Il en existe plusieurs types. Si un nodule produit des hormones thyroïdiennes, il arrive que cela entraîne un état d’hyperthyroïdie.
- La thyroïdite. Inflammation de la thyroïde, de nature infectieuse ou autre, causant une hyperthyroïdie durant une courte période de temps (dans ce cas, la thyroïde retrouve souvent son fonctionnement normal après quelques mois).
Symptômes
- Des palpitations cardiaques.
- Une augmentation de la transpiration et la présence fréquente de bouffées de chaleur.
- Des tremblements.
- De l'insomnie.
- Des sautes d'humeur.
- De la nervosité.
- Des selles fréquentes.
- Une faiblesse musculaire.
- Un souffle court.
- Une perte de poids malgré un appétit normal ou même accru.
- Une diminution ou même un arrêt des menstruations chez les femmes.
- L'apparition d'un goitre à la base du cou.
- Une exophtalmie et une sensibilité aux yeux, surtout lorsqu'il y a maladie de Basedow.
Tous ces signes ne sont pas toujours présents (parfois absents ou subtils chez les personnes plus âgées) et seule une analyse sanguine montrant à la fois une baisse des taux de l'hormone TSH et une élévation des taux de l'hormone thyroïdienne T4 permettra de confirmer le diagnostic. L'apparition des symptômes énumérés ici devrait inciter à consulter un médecin afin d'obtenir un diagnostic juste.
Personnes à risque
- L'hyperthyroïdie frappe huit femmes pour un homme et, le plus souvent, se manifeste chez des personnes âgées de 20 ans à 40 ans.
- La fréquence de la maladie semble être plus élevée dans les familles chez lesquelles on a déjà diagnostiqué un cas.
HYPOTHYROIDIE
Description médicale
L'hypothyroïdie est la conséquence d'une faible production d'hormones par la glande thyroïde. Elle détermine entre autres la vitesse du « moteur » de nos cellules et organes. Chez les personnes hypothyroïdiennes, ce moteur fonctionne au ralenti.
Au Canada, environ 1 % des adultes souffrent d'hypothyroïdie. Les femmes et les personnes âgées sont les plus touchées par la maladie, la proportion estimée chez celles-ci étant de 10 % à 20 %.
Au milieu des années 1970, des chercheurs canadiens ont mis au point un test sanguin qui permet aux médecins de dépister la maladie. Depuis, ce test est pratiqué de manière systématique chez les nouveau-nés afin de prévenir les conséquences irrémédiables que la maladie entraîne chez eux.
Causes
Avant les années 1920, la carence en iode était la principale cause d'hypothyroïdie. L’iode est un oligoélément minéral nécessaire à la vie et à la production des hormones thyroïdiennes T3 et T4. Depuis qu'on ajoute de l'iode au sel de table - pratique née au Michigan en 1924 en raison des nombreux cas d'hypothyroïdie - cette carence est rare dans les pays industrialisés. De nos jours, les deux principales causes de l'hypothyroïdie dans les pays industrialisés sont les suivantes :
- Une thyroïdite de Hashimoto. Cette maladie auto-immune provoque la destruction de la glande thyroïde par le système immunitaire. Les scientifiques ne peuvent expliquer ce qui déclenche cette maladie. Elle apparaît parfois à la suite d’un stress ou d’une infection virale, chez des personnes qui y seraient prédisposées.
- Un traitement qui altère la glande thyroïde. Un traitement à l'iode radioactif pour soigner une hyperthyroïdie ou une chirurgie pour enlever la glande thyroïde (en raison d'un nodule, d'une tumeur ou d'un cancer à la thyroïde) engendre une hypothyroïdie permanente dans environ 80 % des cas. Aussi, un traitement de radiothérapie au cou cause une hypothyroïdie passagère dans environ 50 % des cas, et une hypothyroïdie permanente dans environ 25 % des cas.
Symptômes
Les symptômes de l'hypothyroïdie sont liés au ralentissement du métabolisme. Ils dépendent de la gravité de la déficience en hormones thyroïdiennes et apparaissent de manière très progressive. Certaines personnes ne présentent aucun symptôme; le bilan sanguin permettra alors d'établir un diagnostic.
Chez l'adulte
- Un manque d'énergie et de la fatigue.
- Une frilosité.
- Un gain de poids (modeste) inexpliqué malgré un faible appétit.
- Un rythme cardiaque ralenti.
- Une irritabilité et parfois un état dépressif.
- Des crampes et des raideurs musculaires.
- De la constipation.
- Un visage enflé.
- Une peau pâle et sèche.
- Des cheveux secs, une perte de cheveux.
- Une voix plus grave et enrouée.
- Des périodes menstruelles irrégulières et des menstruations plus abondantes.
- Une confusion, une difficulté à se concentrer et des pertes de mémoire.
- Un goitre (parfois), qui crée une enflure à la base du cou.
- Un taux élevé de cholestérol sanguin.
Chez l'enfant
- Un retard ou un arrêt de croissance.
- Un sommeil inhabituel.
- De la constipation.
- Des difficultés d'alimentation.
- Des pleurs enroués chez le nourrisson.
Personnes à risque
- Les femmes âgées de plus de 50 ans.
- Les personnes qui ont des antécédents personnels ou familiaux de maladie de la thyroïde ou de maladie auto-immune (diabète de type 1, maladie coeliaque, etc.).
- Les femmes qui ont enfanté au cours de l’année. La grossesse peut causer une affection auto-immune transitoire de la glande thyroïde. L’hypothyroïdie peut alors survenir dans l’année suivant un accouchement, auquel cas elle dure de 6 à 12 mois, en moyenne.
Quels examens pour la thyroïde ?
Il existe de nombreux examens très précis pour dépister et diagnostiquer les maladies de la thyroïde : observation clinique, palpation du cou, dosages des hormones thyroïdiennes, techniques d’imagerie médicale...
Qu’il s’agisse de tumeurs bénignes, de cancers ou de simples dysfonctionnements, les maladies de la thyroïde sont extrêmement fréquentes. Mais rarement un cancer sera dépisté. En effet, les cancers de la thyroïde sont rares (10 à 12 % des tumeurs de la thyroïde) et dans 90 % des cas d’un bon pronostic. Ils ne représentent que 1,2 % de tous les cancers.
Comment examiner cette petite glande ?
Le premier examen pour explorer ce petit organe est la palpation. Votre médecin pourra ainsi dépister un goitre (augmentation du volume de la thyroïde) et des nodules. Viennent ensuite les techniques d'imagerie, avec l'échographie et la scintigraphie. Ces deux examens sont totalement indolores.

L'échographie, réalisée en passant une sonde à ultrasons sur le cou, permet de visualiser la thyroïde, les nodules (kystes) et d’en donner les dimensions.
La scintigraphie, permet, après ingestion d'une très faible dose d’iode ou de technetium radioactif, de déterminer au moyen d’une caméra si un nodule thyroïdien sécrète (nodule "chaud" qui apparaît foncé à l’image) ou non (nodule "froid") des hormones thyroïdiennes.
Enfin, les dosages hormonaux (hormones thyroïdiennes, TSH, test de stimulation au TRH) sont réalisés chaque fois que l'on suspecte une anomalie de fonctionnement de la thyroïde mais aussi pour surveiller les effets des traitements.
La ponction pour rechercher les nodules cancéreux
Bien évidemment, ces examens sont employés différemment selon les circonstances. En cas de nodule, la scintigraphie distingue les nodules “chauds”, presque toujours bénins, des nodules “froids”. Parmi ces nodules froids, l’échographie révèle des nodules liquidiens (kystes), toujours bénins, et des nodules solides ou mixtes, dont un sur dix, environ est cancéreux.
Mais c’est, avant tout, la ponction (cytoponction) à l’aiguille fine, peu douloureuse, qui permettra de prélever quelques cellules de tissu thyroïdien pour en faire l’analyse et de repérer ainsi avec une grande précision les nodules cancéreux, qui devront être opérés.
Lorsqu’une échographie est réalisée d’emblée et révèle un kyste liquidien, la scintigraphie n’est pas nécessaire. La ponction confirmera le diagnostic et permettra de traiter le kyste en enlevant le liquide. Enfin, les micronodules, dépistés lors d’un examen échographique, n’ont habituellement aucune conséquence clinique. Ils ne nécessitent qu’une surveillance échographique régulière.
Des signes importants à repérer
Lorsque la thyroïde est uniformément augmentée de volume, il s’agit d’un goitre. Celui-ci peut être associé à la présence de nodules, à une hyperthyroïdie, à une hypothyroïdie, ou encore n’entraîner aucun trouble. Parfois l’attention est attirée vers la thyroïde par des signes d’inflammation (douleur, chaleur) liés à une thyroïdite.
Mais il est fréquent que la pathologie thyroïdienne ne se manifeste que par des signes isolés d’hyperthyroïdie (amaigrissement, palpitations, nervosité, tremblements, sueurs, soif et, en cas de maladie de Basedow, saillie des yeux en avant) ou d’hypothyroïdie (ralentissement, prise de poids, frilosité, constipation, crampes, sécheresse de la peau).
Dans tous les cas un bilan thyroïdien s’impose, avec notamment des dosages hormonaux, qui confirmeront le diagnostic. Le traitement doit intervenir rapidement, car l’hyperthyroïdie et l’hypothyroïdie peuvent entraîner des complications cardiaques.
Quand une surveillance s'impose
Certaines personnes ont des risques plus élevés de maladies thyroïdiennes et doivent faire preuve d’une vigilance particulière. Ce sont notamment les patients ayant eu une intervention sur la thyroïde ou un traitement à l’iode radioactif pour traiter une hyperthyroïdie et qui risquent d’avoir, de ce fait, une hypothyroïdie.
Un excès d'iode lié à des examens médicaux (certaines radiographies, notamment) ou à la prise de certains médicaments (Cordarone) peuvent entraîner des hypo ou des hyperthyroïdies, généralement passagères, tandis que le lithium (un psychotrope) ou les médicaments utilisés pour traiter l’hyperthyroïdie peuvent provoquer une hypothyroïdie et imposent des bilans hormonaux réguliers.
Enfin, l’exposition aux radiations ionisantes, surtout dans l’enfance, pour traiter un cancer par exemple, augmente le risque de cancer de la thyroïde. Si la région du cou a été exposée aux radiations, une surveillance régulière doit être instaurée.
Sources :
Santé Canada
Doctissimo
Passeport santé
Fondation canadienne de la thyroïdie
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