En salle depuis le 11 novembre, Le vendeur est le premier long-métrage de Sébastien Pilote. Le film nous entraîne dans l'univers d'un vendeur d'automobiles en fin de carrière dont l'existence est centrée sur sa fille unique, son petit-fils et son travail.
Le scénariste et réalisateur Sébastien Pilote situe l'action de son film dans une petite ville et il a choisi Gilbert Sicotte pour camper le rôle de Marcel Lévesque, vendeur de voitures. « Marcel est le meilleur vendeur du mois depuis quinze ans, il a la vente dans le sang. Il y va avec la parole, les menteries... c'est un vieux maquignon. Il est incapable d'imaginer la vie sans son travail. » Le patelin de Marcel sera durement frappé par la fermeture de son unique usine de pâtes et papiers. « Marcel croit que cette usine est là pour toujours. Mais l'éternel est parfois court! J'ai voulu faire le portrait d'un homme qui refuse de constater que la société dans laquelle il vit se transforme. »
Gilbert Sicotte, qui vient d'ailleurs de remporter un prix en Inde pour cette interprétation, est remarquable dans le rôle de Marcel. « Ce personnage est le point tournant du film et Gilbert Sicotte livre une grande performance, tout en retenue, tout en subtilité. Même si les vendeurs d'autos sont très peu appréciés au Québec (eux qui arrivent bon derniers, tout de suite après les politiciens selon des sondages) il fait de Marcel Lévesque un personnage profondément sympathique. »
De Dolbeau à Sundance
Depuis janvier, Sébastien Pilote se promène avec son film : l'Inde, le Mexique, San Fransisco, Los Angeles, Boston, Denver... Le vendeur a également fait halte au Festival de Sundance, alors qu'il était l'un des quatorze longs-métrages en compétition officielle du volet international. « Ce qui est bien quand on a son nom dans une programmation aussi prestigieuse que celle de Sundance, c'est que ça attire l'attention sur l'œuvre. Des milliers de gens de l'industrie cinématographique se déplacent à Sundance. Ça permet de faire connaître le film, mais aussi de la faire voyager, puisque des programmateurs de festivals sont là pour mettre la main dessus! » Voici qui est tout sauf ordinaire pour un premier long-métrage!
« Je suis fier de voir le cinéma québécois voyager comme ça, nous confie Sébastien Pilote. Lors de notre passage au Festival de Los Angeles, trois films québécois faisaient partie de la sélection. Aucun autre pays, à part les États-Unis, n'était aussi bien représenté. Malgré le fait que le Québec soit un petit marché, notre cinéma voyage beaucoup. »
À quelques heures de son départ pour la Grèce, Sébastien Pilote se demande si le film y connaîtra le même accueil chaleureux qu'ailleurs où il a été présenté. « Je suis étonné de constater à quel point les gens se reconnaissent dans Le vendeur. J'habite au Saguenay-Lac-Saint-Jean; j'ai tourné le film à Dolbeau-Mistassini. J'y parle d'une réalité locale, et pourtant, les gens se sentent interpellés. »
Le film est sur nos écrans depuis vendredi dernier. À vous de rencontrer Marcel Lévesque et de vous sentir interpellés par sa réalité.