L'entreprise GolemLabs de Sherbrooke développe actuellement une simulation en 3D, qui s'apparente à un jeu vidéo, et qui servira à la formation du personnel infirmier. Le gouvernement du Québec a annoncé hier une contribution financière non remboursable de 135 700 $ à la réalisation de ce projet.
Le ministre Réjean Hébert, qui en a fait l'annonce, soulignant le fait que cette technologie permettra aux infirmières de développer des habiletés plus rapidement qu'il leur serait possible simplement par l'expérience sur le terrain. « Les cas de traumatologie ne sont pas très fréquents [à Sherbrooke], mais il faut développer des réflexes qui permettent d'être efficace », dit-il.
Le projet initial est destiné à la formation des infirmières qui travailleront dans les urgences, mais M. Hébert imagine que le logiciel pourrait avoir des applications dans d'autres secteurs de l'intervention en sciences infirmières. Le logiciel pourrait aussi être utilisé ailleurs au Québec ou même exporté dans d'autres pays. « Pour les infirmières, il y a eu des expériences en France [avec des simulations par ordinateur], mais jamais au niveau des urgences », remarque M. Hébert. « On sera donc dans un créneau innovant ici, à Sherbrooke. »
GolemLabs produit des jeux vidéos et des simulations depuis une dizaine d'années. L'entreprise a également de l'expertise dans la conception de simulateurs militaires pour l'armée américaine. Elle a été approchée, il y a quelques années, par l'École des sciences infirmières de l'Université de Sherbrooke. La faculté de médecine cherchait un outil afin de former les infirmières en traumatologie. « Le marché est double. Il y a une clientèle auprès des infirmières en fonction actuellement, qui doivent faire de la formation continue, et aussi les infirmières en formation initiale qui sont encore à l'école », explique le président du Studio GolemLabs, Jean-René Couture.
Ce simulateur est une sorte de « jeu sérieux ». Les programmeurs ont recréé l'urgence du CHUS en trois dimensions dans l'ordinateur et le « joueur » pourra se déplacer dans ce monde virtuel. La simulation mettra à l'épreuve les capacités des étudiants à prendre des décisions rapides dans un contexte de temps réel, ainsi que leurs habiletés à interagir avec les autres corps professionnels, comme les ambulanciers ou les chirurgiens. « En traumatologie, lorsqu'un patient est en état de choc, il faut que l'infirmière réagisse rapidement et il faut la mettre dans une situation où il y aura un stress réel », explique M. Couture. « Un peu comme quand on forme des pilotes d'avion : on les place dans un simulateur, puis on simule une panne de moteur ».
Le logiciel est déjà en bonne voie d'être complété. Les coûts de développement sont d'environ 1 M$. Un projet pilote devrait être réalisé auprès des infirmières dès l'automne prochain.
En vidéo, le président du Studio GolemLabs, Jean-René Couture :