Jeudi, 5 juillet 2012
WestJet pourrait faire de l'aéroport de Sherbrooke son point d’attache pour l'est du Canada 5 juillet 2012
L'évolution du dossier concernant la relance de l'aéroport de Sherbrooke va bon train. La compagnie aérienne WestJet s'est montrée intéressée à offrir des vols d'affaires, notamment entre Sherbrooke et Toronto.
En février 2012, ce joueur majeur de l'aviation commerciale a mis sur pied un transporteur régional, une nouvelle filiale qui a sa propre flotte et dont les activités sont menées séparément de celles du transporteur principal, mais contribueront tout de même à augmenter le trafic du réseau de WestJet. D'ici juin 2013, 25 appareils Q400, développés par Bombardier et pouvant accueillir 78 passagers, seront implantés dans les aéroports régionaux qui auront été choisis par la direction de l'entreprise. Une commande de 20 autres est aussi considérée. L'objectif de WestJet est de redéployer un service sur l'ensemble du réseau en modifiant la desserte des Boeing 737 afin de laisser les Q400 s'occuper davantage des vols entre deux villes, tout en établissant trois points d'attache au Canada : dans l'Ouest canadien, en Ontario et dans l'est du Canada.
WestJet particulièrement séduite par le potentiel des vols d'affaires
La semaine passée, à Calgary, une rencontre à saveur de « speed dating » a eu lieu entre les directeurs de WestJet et les représentants de 32 villes canadiennes, dont quatre québécoises. L'objectif était simple : en 25 minutes, définir et vendre le potentiel de leur aéroport et démontrer en quoi WestJet gagnerait à y implanter ses appareils Q400. L'équipe de Bernard Sévigny en est ressortie confiante et pleine d'espoir, car l'entreprise a démontré un vif intérêt quant au potentiel de son aéroport concernant les vols d'affaires, et spécialement ceux entre Sherbrooke et Toronto. Le transporteur prévoit rendre compte de ses choix en septembre.
«Le plan de développement de la compagnie WestJet montre qu'elle souhaite desservir davantage les régions, et il se trouve qu'il y a un trou important d'un rayon d'une centaine de kilomètres au Québec qui demeure vierge et qui représente 600 000 clients potentiels : l'Estrie. Les directeurs de WestJet, d'un point de vue d'affaires, ne peuvent qu'être intéressés par le potentiel de l'aéroport de Sherbrooke! On est le seul marché au Canada de 200 000 habitants et plus qui n'est pas desservi par une ligne aérienne nationale. Évidemment, on n'en est pas à la signature d'une entente, mais de la façon dont les discussions ont été menées depuis quelques semaines, et particulièrement la semaine dernière à Calgary, c'est clair qu'il y a un intérêt de la part de cette compagnie de faire voler ses Q400 à partir de chez nous. D'ailleurs, la piste de Sherbrooke est aussi suffisamment longue pour accueillir les Boeing 737 de WestJet», soutient Bernard Sévigny.
L'offre et la demande en équilibre
Cette bonne nouvelle concernant l'implication potentielle de WestJet dans le projet de la relance de l'aéroport de Sherbrooke s'ajoute à l'étude de marché commandée par la Ville de Sherbrooke qui a démontré son grand potentiel commercial il y a quelques jours.
Rappelons qu'en 2009, plusieurs s'étaient prononcés en défaveur de la décision de couper la ligne aérienne entre Sherbrooke et Toronto. La firme Consultant Harvey International a été mandatée pour vérifier si l'intérêt de ce service commercial était toujours présent auprès de la population, autant pour les destinations d'affaires que les destinations vacances, et d'entreprendre des démarches auprès de transporteurs aériens nationaux si tel était le cas. Selon différents sondages menés auprès de la population estrienne, la demande est au rendez-vous, à un point tel qu'un potentiel de plus de 300 000 voyages par année à partir de Sherbrooke est envisageable. L'accès aux grands centres financiers canadiens demeure le besoin primaire exprimé dans ces sondages, ce pour quoi les investissements à venir porteront davantage sur le développement du service commercial d'affaires.
L'objectif final d'offrir des vols Sherbrooke-Toronto au moindre coût possible, soit environ 300 $ par vol, pourrait se réaliser grâce aux avantages que procure la nouvelle génération de Q400. «Ce sont des appareils qui ont besoin de peu de carburant, se posent dans à peu près toutes les conditions climatiques, ne nécessitent pas beaucoup d'infrastructures, et la profitabilité de leur utilisation arrive très rapidement après le 48e siège», explique Pierre Harvey, consultant d'Harvey International.
«Présentement, beaucoup d'hommes d'affaires prennent l'avion à Burlington ou dans les aéroports américains environnants. Il s'agit de pertes pour notre économie qu'on pourrait se réapproprier avec ce projet. L'aéroport va servir à Sherbrooke, mais aussi à l'ensemble de la région. Sans oublier que le projet représente une démarche de développement économique qui créera des emplois et permettra l'expansion d'entreprises », affirme le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Claude Marcoux.
La voie de circulation et la piste de l'aéroport de Sherbrooke sont présentement en parfaite condition, mais d'autres travaux et investissements seront nécessaires, si le projet en venait à se concrétiser. La Ville de Sherbrooke compte assumer le tiers des coûts, qui demandent encore à être précisés, et le reste serait idéalement couvert à parts égales par les deux gouvernements.
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