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LE PAPOTIN / Divers
Lundi, 19 novembre 2012

PRÉVENIR LES CYANOBACTÉRIES : UNE RÉALITÉ OU UNE UTOPIE ?



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Depuis quelque temps, de nouveaux lacs sont identifiés comme étant affectés par les cyanobactéries ou les fleurs d'eau. À la réception de ce genre d'information, on peut réagir de deux façons : on panique et on voit des cyanobactéries partout et on cible des coupables ou, on se dit, je peux faire quoi pour prévenir l'avènement de ces algues bleues dans le bassin versant de mon lac ?

Peut-on vraiment prévenir la venue des cyanobactéries dans un plan d'eau ? Est-ce une réalité ou une utopie ? J'aimerais tenter de répondre à ces deux questions.

À cet effet, j'aborderai la problématique des cyanobactéries sous trois volets : la nature des cyanobactéries, une approche de changement d'attitudes et de comportements et, enfin, des applications concrètes de développement durable pour contrer ce phénomène.

C'est quoi une cyanobactérie ?

Actuellement la littérature dans les médias nous inonde sur la nature de cette bactérie existant depuis le début des temps. Les documents publiés par le MDDEP et le RAPPEL nous donnent une très bonne représentation.

Il existe dans tous les plans d'eau des cyanobactéries. C'est comme dans le corps humain, certaines bactéries nocives sont à l'état latent un peu comme celles dans l'intestin. Certaines personnes sont infectées et d'autres non. Pourquoi ? L'efficacité du système d'immunité en est certainement pour quelque chose pour contrer les effets néfastes de ces bactéries. Il en est de même pour les cyanobactéries. Certains plans d'eau ont des systèmes d'immunité plus vigoureux que d'autres pour résister à l'avènement du phosphore provenant par la « grande autoroute » des sédiments (les boues....) et des nutriments (les engrais...). Le phosphore se veut un des facteurs déterminant pour stimuler la prolifération des cyanobactéries, sortes d'algues microscopiques. Elles sont subtiles, car elles voyagent le matin lorsque les eaux sont calmes. De plus, elles sont très habiles dans leur mobilité : elles se déplacent verticalement dans la colonne d'eau (c'est la flottabilité) à la profondeur où des conditions telles que la quantité de phosphore et l'intensité de la lumière sont optimales. Alors, elles dégagent des toxines (cyan toxines) devenant nocives pour notre santé en plus de provoquer un déséquilibre dans le système hydrique du bassin versant. L'activité humaine est la grande cause de l'avènement du phosphore dans nos plans d'eau.

Une des bonnes façons de prévenir l'avènement des cyanobactéries dans un plan d'eau c'est de changer certaines habitudes au niveau des activités humaines des résidents d'un bassin versant d'un lac.

Deux façons de faire des changements de comportements

Il ne faut pas se le cacher nous sommes tributaires d'habitudes et de comportements plus ou moins écologiques. La surcharge d'engrais sur les pelouses et l'étroitesse des bandes riveraines autour des lacs et des milieux agricoles sont des habitudes que plusieurs ne veulent pas changer. Certains nous disent qu'ils font des changements en réduisant la quantité d'engrais et en laissant le gazon plus long tout en le coupant jusqu'au bord de l'eau. Ils font des changements mais ils font encore pareil en restant dans la même logique. C'est ce que j'appelle le changement de type I : on fait encore pareil en restant dans la même logique, celle des engrais sur les pelouses attenantes à un plan d'eau et la coupe de gazon jusqu'au bord de l'eau.

D'autres vont faire des changements radicaux de logique. Pas d'engrais sur les pelouses en laissant la nature suivre son rythme. Ils revégétalisent leur rive sur une dizaine de mètres pour éviter que les sédiments se rendent au lac surtout lors de pluies abondantes et d'autres font des labours horizontaux près des ruisseaux. Ils s'inscrivent dans une nouvelle logique de changement de type II. Ils ont changé de logique : de celle des engrais à celle de la nature, de celle du gazon coupé jusqu'aux abords du lac à celle de la bande riveraine d'une dizaine de mètres. Bien sûr, nous pourrions présenter beaucoup d'exemples de changement de type I ou de type II en milieux agricoles, forestiers ou industriels. L'important c'est de faire une introspection sur ses attitudes et de savoir dans quelle logique nous nous inscrivons dans nos comportements écologiques et de faire des changements de type II pour protéger la qualité de l'eau du bassin versant en réduisant par le fait même les risques de contamination par les cyanobactéries.

À cet effet, voici quelques exemples d'applications de développement durable de nature à prévenir la contamination des cyanobactéries. Tout probablement des changements de type II pour certains.

Des applications de développement durable

Lors d'un congrès international sur le développement durable , tenu à l'université de Sherbrooke, madame Gro Harlem Brundland, l'auteure du concept de développement durable ayant fait le tour de la planète, suggérait d'accélérer les applications du développement durable et de développer des partenariats pour mieux répondre aux besoins de notre génération sans nuire aux besoins des générations futures tout en prenant en compte l'économie comme moyen et l'environnement comme élément incontournable.

À cet effet, voici quelques applications de développement durable de nature à éviter la contamination d'un plan d'eau par les cyanobactéries. Je mets de l'avant des applications pouvant apporter des solutions aux problèmes se présentant le plus souvent dans nos plans d'eau.

  • Protéger (ne pas intervenir) et revégétaliser la bande riveraine de la rive de ma propriété d'un minimum de 10 mètres ; pas d'enrochement, pas de murs en béton, pas de sol à nu ; attention aux droits acquis polluants !
  • Protéger le littoral, le bord de l'eau : pas d'intervention dans les premiers mètres d'eau, pas de toile dans le fond de l'eau ; le littoral, c'est la « pouponnière » d'un lac ;
  • Protéger la bande riveraine des ruisseaux en milieux agricoles ; s'il y a une pente forte lors des labours, élargir la bande riveraine et faire plusieurs labours horizontaux au ruisseau ;
  • S'assurer que sa fosse septique et son champ d'épuration soient conformes aux normes ;
  • Protéger le couvert forestier en évitant de faire des coupes à blanc pour mieux voir le lac ou se faire du bois pour une éventuelle construction ;
  • Laisser les droits à la nature en évitant de répandre des engrais sur une pelouse attenante à un plan d'eau ;
  • S'assurer que les rejets d'eaux industrielles soient bien gérés ;
  • Favoriser les moteurs électriques, les canots, les pédalos et les kayaks pour les promenades sur l'eau surtout pour les plans d'eau utilisés comme source d'eau potable; 
  • Favoriser les moteurs à quatre temps pour les lacs tolérant les moteurs à gaz ( les moteurs à deux temps rejettent dans l'eau de 20 à 30 pourcent de leur carburant gaz/huile. Allo (un beau jeu de mots ) les cyanobactéries !
  • Promouvoir l'ensemencement du lac ;
  • Soutenir les projets de caractérisation des rives pour apporter des solutions durables aux problèmes soulevés dans le diagnostic environnemental du bassin versant du lac ;
  • Soutenir la municipalité dans la règlementation sur les usages des rives et du littoral (coupes des arbres, constructions, aménagements, enrochements, murs de ciments...)
  • Favoriser l'éducation environnementale : sensibiliser, former, documenter, changer de comportement ;
  • Se percevoir comme partie intégrante de la solution au regard des problèmes survenant dans le bassin versant de notre lac : une façon de prévenir ensemble les cyanobactéries ;
  • Développer une conscience environnementale en évitant tout geste de nature à affecter la qualité de l'eau du bassin versant du lac;
  • Développer une pensée systémique en regardant une partie ( ex. un tributaire, l'entretien de ma pelouse et de ma bande riveraine, ) comme faisant partie d'un tout, soit le bassin versant du lac.


Conclusion

J'ai mis l'accent sur les comportements à changer ou à améliorer pour prévenir la venue des fleurs d'eau. Je pense qu'il faut changer des comportements et des attitudes du genre : c'est pas si grave que ça, ce n'est pas de ma faute, je ne suis pas le seul à faire cela, c'est un petit accident... Faisons des efforts collectifs et individuels en changeant certains de nos comportements susceptibles de générer du phosphore dans l'eau. Peut-être des changements de type II en faisant autrement surtout en cherchant des solutions durables ensemble et non des coupables !

Ensemble, posons des gestes pour améliorer la qualité de l'eau du bassin versant de notre beau lac. Faut-il attendre d'avoir soif pour s'occuper de préserver la qualité d'un plan d'eau ?

La prévention des cyanobactéries, c'est une réalité pas une utopie. Il n'en tient qu'à vous.

Ne l'oublions pas, la porte du changement s'ouvre de l'intérieur !

André Godin
Président, APLAD
Ex président du RAPPEL
Professeur, université de Sherbrooke

1Blais, S., 2006, Guide d'identification des fleurs d'eau de cyanobactéries. Comment les distinguer des végétaux observés dans nos lacs et nos rivières. Direction du suivi de l'état de l'environnement, ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs
2RAPPEL ,2007, Problème de cyanobactéries? Vous faites partie de la solution! Sherbrooke
3 Consulter le dépliant conçu par le RAPPEL cité plus haut.
4 Le présent texte est celui de la conférence que j'ai donnée lors de cet événement


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