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LE PAPOTIN / Divers
Lundi, 12 décembre 2011

Vitrine culturelle


Décembre 2011

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Texte de Suzelle Robert

Ma mère avait pour son dire ...

« Offre ça au Bon Dieu ma petite fille! ». Nombre de phrases du même acabit ont peuplé mon enfance. Des expressions de son cru, à saveur plutôt fataliste et fortement teintée du judéo-christianisme de l'époque. Pour ajouter à l'absolu de toute affirmation, elle pointait du doigt le ciel étoilé en déclarant : « C'est écrit dans le ciel, regarde! » J'ai baigné dans une atmosphère religieuse ou plutôt dans un climat de surveillance divine . Ma mère avait pour son dire que tout ce que nous faisions devait être offert en gage de remerciements à Dieu. Pourquoi, pour quelle raison? La question ne se posait pas. Son dire avait valeur de vérité absolue, comme  parole d'Évangile!

Élevés dans cette culture du sacrifice, nos moindres faits et gestes étaient soumis au regard sévère et surtout au jugement du Bon Dieu. Je dis bien du Bon Dieu et ce, même lorsque la menace du purgatoire ou pire, de l'enfer, pesait sur chacune de nos actions et de nos moindres pensées. L'indulgence et la tolérance n'étaient pas inscrites dans le dictionnaire divin.

Ma mère avait également pour son dire qu'il fallait avoir l'esprit de sacrifice si on voulait gagner son ciel. Cette attitude nous assurerait à coup sûr une belle place auprès de Lui après un passage obligé par le redoutable purgatoire. Bien sûr, pas aussi redoutable que l'enfer où nous conduisait directement le péché mortel. Alors, valait mieux s'en tenir au véniel c'est-à-dire au petit péché de distraction. Donc, en se sacrifiant sur terre, en faisant pénitence pour obtenir le pardon de nos fautes et après un séjour plus ou moins long au purgatoire, nous pouvions accéder au ciel ... quelque part au dessus des nuages.

À 97 ans, après avoir élevé dix enfants et avoir vécu tant d'épreuves, ma mère a bien mérité son ciel. Mais peut-être pas suffisamment puisque le Bon Dieu tarde à venir la chercher! « Je suis en santé » dit-elle, en s'excusant presque d'être encore vivante. Maman a pour son dire que  chaque journée que le Bon Dieu amène constitue une offrande supplémentaire au Très Haut. Une vie faite de labeur, de privations, de si peu de loisirs. Des années de travail bénévole, passées à recueillir des fonds pour rembourser la dette de l'église : soirées sociales, repas communautaires, tirages, etc. Toute la famille était mise à contribution, bien sûr. Nos talents y passaient, même ceux que nous n'avions pas. C'était pour le Bon Dieu!

« Voyons ma fille, une petite demi-heure pour le Bon Dieu, c'est pas grand-chose! » Chagrinée, elle me sermonnait chaque semaine lorsque plus tard dans ma vie j'oubliais d'assister à la messe dominicale, études obligent. Le soir au coucher : « Oublie pas d'offrir ton cœur au Bon Dieu! » Je portais ma petite croix lumineuse et mon chapelet jusque dans mon lit pour me rappeler de prier. Elle avait pour son dire que c'est à coup d'indulgences qu'on gagne son ciel. « Ce sont des indulgences pour le ciel », me répétait-elle. Elles servaient à qui et à quoi? À baliser le sentier menant au Palais divin? Probablement à raccourcir notre séjour au purgatoire. Du moins le croyait-on.

La religion primait sur tout. Notre propre cuisine avait une allure de sanctuaire. La Sainte-Famille au grand complet logeait dans des niches en bois sculptées par mon père. Il fallait prier en tout temps, chacune de nos actions étant offerte au Grand Patron. Que dis-je? Si elle m'entendait! N'empêche que Son oeil triangulaire scrutait nos faits et gestes, nous suivait jusque dans la nuit, jusque dans nos rêves les plus profonds. Terrifiant parfois, l'œil du Bon Dieu. Ma mère tenait à honorer la Sainte-Famille, mais elle préférait s'adresser directement à l'Être suprême. La Sainte-Vierge, Jésus, Saint-Joseph étaient pourtant bien présents juchés au-dessus de nous. On sentait leur regards vitreux dirigés vers nos assiettes qu'il fallait vider, vers nos cœurs qui se devaient d'être purs et nos âmes sans taches. Il ne fallait tout de même pas faire de la peine au  petit Jésus . Était-il petit le Jésus de la croix? Tout de même plus vieux que celui de la crèche. Et assez fort pour porter sa croix à bout de bras. En période d'épreuves,  porter sa croix  devenait l'expression du jour. La vue du crucifix suffisait à nous rappeler tout ce qu'Il avait enduré pour nous, pauvres pécheurs.

Les statuettes de la famille de Dieu n'avaient qu'à bien se tenir, c'est-à-dire à répondre positivement aux requêtes de ma mère. Dans le cas contraire ou dans le cas d'une réponse insatisfaisante, les personnages étaient retournés face contre mur, en punition, et ce jusqu'à ce que ses prières soient exaucées dans leur intégralité. C'était du donnant-donnant. Je prie à la condition que Tu exauces! Les neuvaines étaient aussi une bonne monnaie d'échange et portaient généralement leurs fruits. Un immense rosaire en bois, également l'œuvre de mon père, pendait au mur du pseudo sanctuaire. Sa vue nous rappelait également la récitation du chapelet hebdomadaire en famille, à genoux, dos bien droit. « Offrez ça au Bon Dieu! » Je me demandais ce qu'il y avait de plus amusant pour Lui : nous regarder agenouillés sur le plancher de la cuisine, mains jointes, à marmonner des prières ou suivre une bande de joyeux lurons dans la folie de leurs jeux?

Il faut avouer que les prières étaient répétitives et sans vraiment de sens pour moi, ni pour mes frères et sœurs comme je pouvais le constater. Pourtant, elles devaient Lui plaire puisqu'on les retrouvait à la messe du dimanche, à toutes les cérémonies religieuses et même à l'école. Plus nous en récitions, plus nous obtenions les faveurs divines. C'était la règle. Il me semblait que la ferveur n'avait pas beaucoup d'importance à en croire la rapidité avec laquelle les mots étaient prononcés et les chapelets égrainés. Peu importe! Lorsque les prières de maman étaient exaucées, les statuettes retrouvaient leurs postes d'observation et elle ne manquait pas de déclarer haut et fort : « Ah, que le Bon Dieu est bon! »

Quand je pense à cette période et aux retombées sur chacun de nous, je soupçonne ma mère d'avoir signé un contrat de service avec son Bon Dieu. Et curieusement, Il a respecté sa part de l'entente. Elle en a fait son fidèle Allié et même aujourd'hui, Il lui répond au doigt et à l'œil. Pas surprenant qu'Il ne la rappelle pas à Lui plus rapidement. Il doit vraiment apprécier toutes ses offrandes!


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