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Jeudi, 23 juin 2011

Jeanne d'Arc Labbé, une passionnée du patrimoine!



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par Lucille Dodier

Lors de différents congrès annuels de l'Association des plus beaux villages, j'ai eu l'occasion d'apprécier la beauté des maisons du patrimoine bâti qui fait l'orgueil des municipalités membres.

J'ai tout de suite pensé à Jeanne d'Arc qui contribue depuis plusieurs années à la sauvegarde d'une partie de notre patrimoine bâti. En effet, sans sa passion pour le patrimoine, plusieurs maisons de Dudswell n'auraient pas l'apparence qu'elles ont aujourd'hui. Comme elle dit, "je n'ai pas toujours fait d'argent dans la revente des maisons que j'ai achetées parce que dans plusieurs cas j'y ai investi trop d'argent en voulant leur redonner leur originalité", la passion dépassant la raison. "Une maison c'est comme une personne, il ne faut jamais en dire du mal". À partir de maintenant, c'est la passionnée qui se raconte.

Le tout a commencé lorsque j'étais adolescente et que mes parents demeuraient sur la rue des Érables. J'allais régulièrement visiter Madame Hetherington qui demeurait au coin de la rue Pond et des Érables. Elle me recevait élégamment avec du thé et des biscuits et appréciait ma visite pour placoter. C'est à l'occasion d'un Afternoon Tea Sale à l'âge de 13 ans, accompagnée de ma jeune sœur Pauline que j'ai découvert qu'on nous servait du thé et non du café avec de délicieux sandwichs et gâteaux. Ce fut notre première rencontre avec les Anglais dans l'église anglicane, à l'époque, lieu interdit pour les catholiques. C'est Shirley Weston et Mme Hetherington qui m'ont permis de perfectionner mon anglais.

Les parents de cette dernière possédaient un magasin général, sur la rue des Érables, en face de sa maison. Dans la grange, derrière la maison, il y avait un important inventaire de produits entreposés suite à la fermeture du magasin. J'ai donné la plupart de ces articles pour monter le magasin général du Musée Louis-Saint-Laurent qui prenait naissance. Il y est resté des catalogues, des livres et autres paperasses. Une chance qu'ils n'ont pas ramassé ces vieilleries car elles ont aujourd'hui une valeur inestimable pour les antiquaires et les autres amoureux du patrimoine. Ce sont ces revues qui me permettent de reconnaître et / ou de dater des objets anciens tels que: meubles, tissus, vêtements, accessoires de cuisine, de literie...

Quand je vois une maison ancienne, je deviens fébrile. J'arrête souvent sur la route pour photographier une corniche, un volet, une frise, un porche, une architecture particulière... Je ne peux m'empêcher de voir des détails qu'un néophyte ne peut identifier et encore moins apprécier. Dudswell possède encore de ces maisons qui ont de l'histoire et du style et je trouve très regrettable de les laisser se détériorer. Toutes ces maisons dont on a modifié l'aspect pour les "moderniser" en enlevant la galerie, les corniches, les pigeonniers, les fenêtres à guillotine en bois, qu'on a recouvertes avec un produit moderne sans entretien, quel gâchis! C'est récupérable mais avec d'énormes efforts humains et monétaires?

Mon métier d'agent immobilier est venu tout seul. Même quand je travaillais dans des bureaux tout le monde venait me voir pour vendre toutes sortes d'objets, y compris des poêles à bois et des autos. Puisque j'avais un front de bœuf, je réussissais à tout vendre. En plus, je le faisais bénévolement, refusant de me faire payer ou de prendre une commission. C'est donc avec cette facilité de vendre et d'entrer en contact avec les gens que je me suis dirigée dans l'immobilier. Quand une maison patrimoniale se présentait et qu'elle pouvait être valorisée, je faisais une offre d'achat personnelle. Ces achats étaient légaux et prévus dans notre code à la condition de faire une déclaration documentée aux vendeurs à l'effet que j'étais agent immobilier.

J'en ai décapé des meubles, gratté ou décapé des planchers et des boiseries avec mes enfants Brigitte et Éric. On a arraché du crépi et de la tapisserie et d'autres recouvrements de murs, de planchers ou de plafonds pour retrouver la beauté du bois original qu'il fallait rénover. Oui, souvent il fallait remplacer en tout ou en partie par du bois neuf ou du bois usagé qu'on recyclait si on en trouvait.

Ma première maison a été achetée à Bishopton sur la rue Gilbert et hypothéquée à 100%. Comme meubles: quelques arrangements patentés pour la table et les chaises, trois matelas déposés par terre pour les enfants et moi, un trio d'ustensiles, de serviettes de table, de débarbouillettes achetées au magasin Hughes. Me voilà indépendante avec, en plus, une jardinière de fleurs offerte par ma voisine d'en face, Mme Moreau! J'ai appris à me débrouiller en plomberie grâce à mon voisin Émile Cloutier. Par cette description de quasi misère, je ne veux faire pleurer personne sur mon sort, mais c'est pour démontrer que je n'ai rien eu de facile et que j'en ai bûché un coup pour arriver où j'en suis.

Après un certain temps, comme je n'avais toujours pas de set de salon ni de chambre à coucher, je me suis rappelé les beaux meubles de Mme Hetherington qui venait de décéder. Je suis allée rencontrer la famille pour en acheter quelques-uns. Ce fut impossible car un contrat avait déjà été signé avec un agent d'immeubles. J'ai alors fait une offre d'achat et j'ai obtenu la maison de Mme Hetherington qui est devenue ma deuxième propriété. Je bouclais ainsi la boucle avec cette chère dame qui m'a initiée sans le savoir aux belles choses du passé.

Je pourrais faire une énumération précise des propriétés que j'ai eues dans Dudswell, mais ça n'apportera rien de plus à mon histoire. À part une maison neuve que j'ai fait construire, toutes les autres furent des maisons patrimoniales ou avec un certain style. Lorsque je les revends, elles sont plus authentiques et plus belles que lorsque je les achète après y avoir investi du cœur, de la passion et beaucoup de sous à l'occasion. C'est ma définition de la passion et par le fait même c'est ma définition du bonheur après le succès de mes enfants.

Dans une période où je me suis retrouvée sans emploi, j'ai monté un projet pour mettre en valeur l'histoire de Bishopton. Aidée d'une équipe, le projet a été présenté sous la forme d'une exposition muséale au sous-sol de Saint-Clément et ce fut grandiose. J'ai obtenu la collaboration des familles pour présenter des photos, des objets, des cartes postales et autres items d'époque qui ont été retournés aux propriétaires.

Il ne fallait pas laisser toute notre histoire et celles de nos familles disparaître graduellement avec le départ de nos ancêtres vers le foyer ou vers le cimetière sans rien faire pour extraire de leur mémoire des souvenirs encore compréhensibles.

C'est donc dans cet esprit que lors d'une autre période creuse j'ai eu l'idée de faire revivre toute cette riche histoire de Bishopton par la production d'un livre souvenir. Toujours avec cette passion pour le patrimoine, je ne voulais pas qu'on oublie la partie humaine qui est l'histoire des événements vécus et/ou écrits par les vieilles familles et leurs descendants.

Ce livre a été terminé en 1986, cela fait donc 25 ans cette année. Il serait impensable de croire que l'on puisse aujourd'hui reproduire ce livre avec les mêmes informations. Quand l'histoire n'est pas racontée, elle disparaît avec les individus.

Merci à toutes les personnes qui, pendant trois ans, ont partagé joies et peines lors de la réalisation de ce livre entièrement bilingue et unique en son genre.

J'ai encore un rêve en tête... Je possède un stock inimaginable de photos, de documents, d'artefacts, de bibelots, de meubles d'époque etc. qui n'ont jamais été exposés et qui mériteraient d'être montrés au public. C'est par la création d'un musée que j'aimerais que l'on perpétue la mémoire de notre passé vécu en harmonie entre des communautés différentes mais respectueuses l'une de l'autre. Ce serait une façon contemporaine de faire revivre le passé de Dudswell.

* * *

NDLR: J'ai acheté une copie du livre de Bishopton dès le début et j'éprouve encore de la gratitude quand je le consulte. Il continue de m'envoûter car je ne peux y référer sans, chaque fois, en lire des pages et des pages.

* * *


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